Y avait longtemps.

Publié par Aude le 16 mars 2007

Verbes d’état et autres auxiliaires d’expectative.

B

bazplusecrètir, v. – Entendre un secret, jurer de ne pas le répéter, le répéter quand même tout en faisant bien jurer de ne pas répéter.

L

lynchouarnir, v. – Ne rien comprendre au film.

M

mertouiniendre, v. – Demander des nouvelles de quelqu’un qui est mort.

P

purvactoir, v. – Conserver à la manière d’une relique un vêtement ou une étoffe portant l’odeur d’un amour perdu.

Q

qrumagniller, v. – Se commander d’arrêter de penser lorsqu’on a des pensées qui donnent des insomnies et par extension, devenir obsédé par cette idée.

Quand le chat n’est pas là…

Publié par Zorro le 09 mars 2007

La Belle au bois dormant, deuxième du nom.

Publié par Aude le 08 mars 2007

À C. qui sait.

Ephialtès, l’hypocrite hippocratique.

Tes rêves punitifs sanctionnent mes impuissances,
Ces pensées noctambules cabrées d’être pansées
Rabattent le massif des désirs de régence,
Nasardent mes écumes, rient de me sang-glacer.
Donne à boire à tes songes et je vous conduirai
Vomir tes volutes, rendre leur éthanol,
Les perdre aux latrines tes vils sans apprêts
Les répandre aux orties tes figures qui racolent.
Dardons plus vivement les boules de nos ventres
Nos rires scutelliformes talonneront tes fantômes,
J’ai mes mots immobiles, cède-moi d’être ton chantre
Je scruterai tes maux et te dirai mes nomes
Je viderai nos jours de tes spectrales nuits
À mots j’exilerai cauchemars triomphaux,
Frappant d’un verbe leste leur sommeil assoupi,
Tes drames hypnosiens tournés en fabliaux.

Des coqs et des ânes.

Publié par Aude le 14 février 2007

  • Ceux qui suivent religieusement les manuels d’utilisation et autres modes d’emploi et ceux qui font confiance à leur étoile.
  • Ceux qui aiment les endives cuites et tous les autres qui les détestent atrocement.
  • Ceux qui prélèvent le beurre en le râpant et ceux qui le coupent.
  • Ceux qui lisent les bandes-dessinées et ceux qui ne regardent que les images.

Histoire d’archives, I.

Publié par Aude le 09 février 2007

Le verbe et l’état.

Le verbe mesure la hauteur de la tour d’où je dis, d’où je règne, je vaque, je crédule, je comédie, je laisse. Le verbe mesure la hauteur de la tour d’où j’ai l’âme qui respire. Le verbe mesure la hauteur de la tour où je culte en paix. Le verbe mesure la tour sur l’échelle de ma grammaire intime.

C’est le verbe qui mesure qui je peux être, qui je peut être, quel jeu peut-être.

Aujourd’hui de merde comme un hier révolu.

Publié par Aude le 01 février 2007

Les sels arsenicaux.

En Danaé moderne dans l’airain de ma tour

Où j’estompais mes cernes, je gommais mes contours,

On m’a fait sa captive en mes pierres infiltrant

M’abandonna lascive et morte secrètement.

Le mois s’en est allé mais c’est moi qu’il quittait

Mon coeur sous son bras, brûlant, brûlé par lui

Piétinées mes vertus et mes délectations

Mes vanités perdues pleurant à l’unisson.

Je conviai des charognes pour me faire leur festin

Qu’elles tirent sur mes entrailles, éparpillent leur butin

Que leurs becs pointus fassent craquer ma chair

Et qu’elles ne laissent rien moins que pour nourrir les vers.

La terre sèche des vignes fourmillait d’araignées

Monstrueuses craintives, mordeuses contrariées,

Déchiqueter ma peau, sanguinoler mes yeux

Comme je les eusse aimé ces créatures de Dieu.

Je rêvai de mâchoires et des griffes acérées,

D’animaux mangeurs d’hommes qui eussent pu profiter

Dans la douce froidure par cet hiver manqué,

De mon corps de vingt ans assis à un bureau

Sans une moindre éraflure qui marquerait ma peau.

Mon supplice suppure

Ses sels arsenicaux.

Y a comme un goût.

Publié par Aude le 29 janvier 2007

De l’art de chausser sa chaussette sans fauter ou comment j’ai tout compris à Freud et toute la compagnie.

On nous apprend en y mettant un point d’honneur et beaucoup de sérieux, d’application et force de méthode de quelle manière accorder nos sacs à nos souliers, nos coiffures à nos décolletés, nos yeux à nos fards à paupières, nos talons à la taille de nos petits-amis et nos convictions avec celles du reste du monde. On signe des pétitions, on fait la grève, on manifeste quotidiennement notre mécontentement face à l’injustice, on s’insurge parfois, mais on se fout d’une royale manière du port de la chaussette. Personne ou presque ne semble s’en soucier et c’est un grand dommage.

Je prend donc ici voix au chapitre.

Les chaussettes sont des petits êtres de tiroirs, qui comme nos couverts, peuplent nos vies de discrète façon. Elles ne prennent pas plus de place que le pantalon trop petit que l’on ne remettra jamais mais sont pourtant jetées avec dédain, comme des vieilles ordures encombrantes que l’on ne touche qu’avec l’air répugné, du pouce et de l’index.

Et quelle réputation les précède ! Ne dit-on pas “jeter comme une vieille chaussette” , “s’en foutre comme de sa première paire de chaussettes” ou encore “boire du jus de chaussettes” lorsque l’on veut témoigner du mauvais goût d’une boisson en général et d’un mauvais café en particulier ? Autant d’expressions et locutions françaises qui travaillent contre la réputation déjà salie de la chaussette, malheureuse victime domestique.

Tentons une métaphore et admettons que Nous, êtres de raison, sommes un carrosse.

Il y a le Moi (ça, c’est vous), le Surmoi (les vêtements que vous portez), le Ça (les mauvais goûts innés que vous tentez de refouler), le Là (les bons goûts acquis que vous extériorisez) et enfin le Quoi (ça, c’est ce dont vous vous fichez).

La chaussette ne trouve de place que dans cette dernière désignation, reléguée au banc des parias et des méprisés, Quoi.

Vous l’aurez compris, la chaussette est la cinquième roue du carrosse, tout le monde s’accorde plus ou moins pour le dire en s’en foutant éperdument puisque nos poules sont somme toute assez bien gardées. Mais je pose la question, qu’advient-il lorsqu’un carrosse à cinq roues tente de circuler dans un poulailler ? Je vous le donne en mille : personne ne le sait parce que personne n’est assez malin pour s’en préoccuper.

Or, la chaussette, c’est un peu pareil personne n’est assez malin pour s’en préoccuper.

Une comparaison à présent, à point nommé.

Lorsque vous ouvrez un livre bien édité, le choix de la typographie, sa taille, l’espace entre les mots, les lignes, les lettres, la mise en rubrique des notes de lecture, etc, en bref toute la mise en page qui permet une lecture agréable, si elle est bien faite, est parfaitement invisible.
Les typographes et éditeurs qui font bien leur travail optimisent de cette manière notre lecture et tout leur labeur repose sur ce concept même d’insoupçonnabilité.

Ce sont des travailleurs de l’ombre pour de vrai, enchaînés à l’ingratitude de leur longue tâche au service de notre confort, ne récoltant en retour que les critiques d’insatisfaits notoires…
Même si vous n’êtes pas typophile ou amateur de belles éditions vous-même, le lien reste aisé car d’une certaine manière, les chaussettes sont aussi des typographes.
Elles se mettent en quatre – mais plus fréquemment par deux – et ne récoltent que notre ingratitude la plus nauséabonde, si je puis dire.
Pourtant, la chaussette est humble, la chaussette est toujours dans son assiette, la chaussette nous aime, elle ne nous demande rien. La chaussette, comme nos typographes, se fait oublier.

Les chaussettes sont de petites mères, le placenta de nos pieds qu’elles prennent soin de tenir au chaud, ce pied qui nous tient à la terre et duquel toute notre existence est foulée.

Bon. Tout cela n’est pas seulement un prétexte à des bavardages, c’est une presque prière. Je n’ai pas l’ambition d’éveiller les consciences mais simplement…

Nous ne changerons pas, alors faisons tout de même ensemble la promesse d’un monde sans chaussettes blanches et sans trous, portons les dorénavant avec discernement, créativité et par dessus tout, avec à propos.

Tous unis pour un monde sans chaussettes moches.

Et demain, une analyse furieusement détaillée et résolument critique des très sérieuses et non moins drôlatiques Mises en garde de Nintendo contre l’abus de jeu sur la Wii…

(Oui, je lis avec attention tout ce qui tombe sous ma main ; mais non, je n’écrirai pas vraiment ce billet.)

Le bruit fait la sieste, chut.

Publié par Aude le 24 janvier 2007

L’écho ensilencé

Un caillou silencieux tait le vase impudique

Des secrets hermétiques, la flagrance empierrée,

Elle berce mes idées ta rumeur monastique

Un lot de terres précieux ton silence altier.

Très bon anniversaire…

C’est pas la complexité qui m’étouffe.

Publié par Aude le 22 janvier 2007

Je suis rousse et binaire.

Comme de bien évidemment, je suis une fille simple qui dans la mesure du possible n’entrevoit les choses que sous un angle manichéen.

Ainsi le monde selon moi se divise en seulement deux catégories :

  • Ceux qui lisent les préfaces et ceux qui s’en foutent.
  • Ceux qui ont les clés et ceux qui les ont oublié.
  • Ceux qui boivent leur café après qu’ils se soient brossés les dents et ceux qui le prennent après.
  • Ceux qui lèchent les couvercles de pots de yaourt et ceux qui ne préfèrent pas.

Qui a été mordu par un serpent a peur d’un bout de ficelle.*

Publié par Aude le 17 janvier 2007

C

crêpingian, ne, n. – 1. Animal qui se cache pour mourir. Ex. Oiseau ou chat. 2. Ami qui a visiblement un problème mais qui refuse de dire lequel.

M

miaqoulial, ale, aux, adj. – Qui empêche son voisin de lit de ronfler intempestivement au moyen de sifflements, croassements, coups de coudes ou pincements. Ex. Un désarroi miaqoulial.

p

paiburtion, n. m. – Grand projet, élan altruiste ou ambition humanitaire au cas où on gagnerait au loto.

S

socrepingianisme, n. m. – Attitude relative au crêpingian.

U

ughuiliendre, v. – Tenir une conversation sur messagerie instantanée avec quelqu’un qui tape très lentement sur son clavier.

Z

zoutütgrahate, n. m. Technique dite de l’auto-enroulage dans la couverture, en prévention de vols nocturnes potentiels.

*Proverbe persan.