Madeleine

Posted by Aude on septembre 05, 2008

À la faveur d’une doctrine du sublime, Madeleine voulut frapper son temps et déployer des phrases à la dimension des siècles, mais sa folie rendue sage par dilution dans trop d’ordonnance n’avait eu pour le monde que la vertu d’un stimulant.
Fut-ce contre l’adversité des choses ou l’inertie des circonstances, reste qu’à la prépondérance de l’aléatoire elle en vint tout de même à être appréciée, et jusqu’à l’épreuve du contraire elle porta bien le chapeau. Traitant sa peau au riz, l’acné du génie suppurant au cœur, elle cousait son triomphe au fil accidenté, toute organiquement née pour écrire qu’elle était.
Au moins avait-elle l’élégance d’être laide.
À raconter des histoires pour jouer la sienne, elle ne regardait même plus les devis avant de copier d’après nature. Mais les princes ne sont pas faits pour qu’on s’y pende ni les crapauds pour qu’on s’y penche, et aux temps venus des persécutions de l’âge, couverte des postillons du monde, reniée, Madeleine se ravalant elle-même vit que sa vie n’avait été que des moments de rien. Alors elle cabriola, valdingua, et se tailla avec Opiniâtre pour un autre moulin à vent.

- “Je meurs virtuose de rendre la mort comique et la tragédie sans majesté”, dit-elle en partant.

- “À vos souhaits”, lui répondit le bourreau.

Violaine

Posted by Aude on décembre 16, 2007

Niée des circonstances et des patineurs des eaux, Violaine s’était dressée à goûter d’un trait l’écume des refus du vent dépris d’érythisme et n’en trouvait même plus Hitler dans son coeur. Elle était mythologique mais n’en éprouvait rien, chantant des cantilènes pour les distraits quand leur bateau était déjà passé, n’ayant de ses origines que les pieds de famille. Toutes les pluies, à regarder en face le convoi évidé de sa félicité et composant raisons bagatelles pour se réveiller la nuit, elle faisait pleurer d’ennui même les Malentendus.
L’élévation au couchant à l’éboulis des longueurs, à cessation du bail emphytéotique de son rocher, ses ruses éventées et sa voix enrouée, c’est l’affection qui l’infecta et elle en perdit la cellule ; sur-le-chant, elle capitula aux catapultes de Tempérance et à l’emporte-pierre, s’immergea comme île. La patience a une belle jambe, et des lacunes qui servent toujours à quelque chose ; c’aurait pu être un grand amour.
Et aujourd’hui après chaque accalmie, à l’accoste d’optimisme et aux ouvrages du tragique, elle reprise à l’amer les vagues déchirées.

Joséphine de Hacrepeine

Posted by Aude on octobre 21, 2007

A s’être levée la dernière tous les jours d’une vie anathème, elle admonestait encore des états d’être, juste bonne à réciter par coeur mais sans des baroqueries apologétiques. Joséphine avait été un arbre sans aubier, un i sans point, un chat sans souplesse ; sa mémoire tapissée d’un papier peint de mots choisis parmi ceux des autres, elle n’avait jamais donné classe d’escapade et n’avait offert que salle de pluie. Elle savait bien la vétusté de son intelligence et s’épuisait toujours en audaces inutiles, touchant à chaque coup au blasphème, toute entière enchâssée dans sa collection sincère de baratins rudimentaires. Mais dans l’épaisseur de ses matinées grasses, arrachant ses racines pour partir à la recherche du ciel, la patiente récalcitrante lessivait sa peau de drôle puant la naphtaline du soir dernier, comme l’on s’escrimerait à faire pousser des cheveux aux cailloux.
Au demeurant, et si elle venait à l’allégeance du monde, sa malemort toutefois édifia probe réponse à propos de l’amour et de la mort : c’est le dosage du premier poison qui dégoise de la déprédation ou du reliquat de la dernière levée.

La messe Edith.

Posted by Aude on octobre 01, 2007

Le tout au garde-meubles, une aune seulement en peau de taupe par audessus les coins saillants à portée de coups, Edith partit quand même. Mais l’aller las - tic involontaire de son carnet à desseins - elle se sentit Dieu et de son cœur voulut se faire l’apôtre, à mille bornes d’en franchir la frontière.
Elle parla de son pays d’en-dedans qui ressemblait si peu aux dents du monde véritable, de ses images de l’Ignoble en cape d’illusion tout chapeauté de coquilles et elle s’attarda en mélancolie, le coude au genou et la joue dans la paume. Perçant la doctrine d’une divine pour s’en enduire, son palais n’avait pas dit son dernier mot ; il lui avait semblé que des musiciens finissaient par naître des sublimes lorsqu’ils en cherchaient la note.
Méconnaissant altermoiements, elle se composa des armes à tout, des armes à lettres, des arbalètes à figures blettes et terminologies bien acérées.
Et à la garde des champs de chagrin et en faveur de leurs échos, quelques jours à mentir son humeur et à en omettre le précipité, elle se garda du maelström des grandes occasions.
Mais les apories coûtent cher.

Madame La Hude

Posted by L.C.A.A.D on septembre 23, 2007

Madame La Hude

Madame La Hude

Posted by Aude on septembre 12, 2007

Aux formes à valeurs d’usages, formules chromatiques descriptives et tentatives non-discursives, elle chantait sérénades et tendait bien les pointes, sertie seulement au sortir d’une perception amodale de l’inertie formelle. La soie aux mots à grands soins reprisée, ce fut au beau milieu d’une cabriole à échauffer poètes et météorologues qu’elle se vit faire taire et asseoir en-tout-bord de table de la Nuit. Ployant sous la rectitude ostentatoire d’yeux déments de décence, elle se sentit le fil de la raison bon à raccommoder. La pancarte à l’entrée annonçait “coeur fort exigé”.
Balançant l’ourlet d’impudence elle vint à la rencontre, et sitôt s’arc-boutant, entreprit de déposer à bonne hauteur moins ses limites extrêmes que le fond. Mais bien sûr elle tomba, comme on tombe amoureux, et ses yeux qui ne frisaient presque plus dansèrent pour lui la sarabande.
- “Je cherche la plume de mon chapeau”, lui dit-elle.
- “Tenez, une plume de vache !” lui répondit-il.
Trop occupée à ne plus chercher ni formes ni plume, ne songeant qu’à remplir son oeil toujours cave, oubliant ses bons goûts et trouvant goûtu le salut de se laisser amorcer, Madame La Hude omettait les rigueurs de l’inconte…
Et c’est cédant au sentimentalisme le plus irritant qu’elle s’en fut, crachant ses eaux au visage du vent.

Monsieur Vercopal

Posted by Aude on août 11, 2007

Au terme d’une vie érodée de remarques à dents pointues, trop de ses doigts ne dansaient plus et Monsieur Vercopal toussait à tombeau ouvert. On ne lui avait jamais réservé que les angles d’un monde pour lequel il n’avait pas disposé de l’entregent naturel qui l’aurait pu pousser vers les sphères de l’instruction et des sourires punitifs. Et la tyrannie des provinces, dont les excuses ne lui semblaient jamais valables, avait eu raison de sa ville. Il s’apprêtait à remettre à zéro sa complaisance et touchait presque du doigt le monde entre le verre et l’eau ; la chair a mis du temps où il avait eu la patience. Se gardant de se rouler dans le nid des lentes il s’effilocha doucement, et le jour-dit de son agonie, il se montra odieux et il mourut comme ça. (Car il n’est point meilleure manière de s’en nettoyer.)

C’était trois fois rien du tout.