Névrose altruiste, le retour.

Posted by Aude on janvier 01, 2007

Passage obligé. Pirouette.

Dans la mesure où ma religion anti-néoannéeiste me le défend strictement, je ne cèderai pas à la pression de vous souhaiter une bonne année ; dans les tribulations de cet orgasme impeccablement synchronisé, je choisis plutôt de vous souhaiter à tous de faire une B. A…

Jacques Martin, maintenant tu sors de mon corps.

Posted by Aude on décembre 28, 2006

J’aime pas me tromper.

Alors que je claironne partout que je n’aime pas les enfants, avec des arguments tout prêts pour convaincre, j’ai reçu aujourd’hui une petite enveloppe… Baroquement pliée, avec du scotch pour trois bâtiments d’une quelconque administration, mes noms, prénoms et adresse tracés avec l’assurance du quatrième mois de CP et au verso, un bisou au rouge-à-lèvres nimbé d’une guirlande de fleurs (?) multicolores.

Bon, c’est déjà beaucoup quand-même… Je l’ouvre.

Un dessin, sur du papier à gros grains.

Je vois un genre de type avec un bonnet rouge qui tient la main d’une petite pomme de terre. Merde. C’est quand-même gentil.

Alors puisque je suis une espèce d’adulte, j’appelle “pour dire merci” comme on me l’a répété.

- Bonsoir. C’est Aude. Merci pour ton père Noël. Il est intéressant.”

Oui, j’ai préféré omettre la question de la pomme de terre, comme un sujet épineux à risques. En plus, comme je le dit à mes amis qui ont des enfants et qui me disent toujours que “c’est facile de donner des leçons quand on n’en a pas”, je ne trouve pas qu’il soit bien nécessaire de faire croire cette histoire aux enfants…

En substance :

_ Mais ce c’est pas le père Noël, c’est toi ! Tu n’as pas vu les grands cheveux en tire-bouchon ? – C’est ce que prenais pour un bonnet – Tu es habillée comme le père Noël parce qu’il est gentil et toi aussi tu es gentille et encore plus belle que ma nouvelle Fashion Fever. Je te donne la main parce que tu es ma copine préférée, plus encore que Jacynthe – ou peut-être Hortense, je ne sais plus -.”

Wahou, hein ?!

Et BING, dans ma race comme “on” dit…
Mille fois bigre, je déteste me tromper.
Et en prime, je prends une bonne leçon de subtilité avec tout ce que tu es d’implicite…

Alors merci Cécile, t’es chouette.

Les personnages de roman ou comment me laminer entre une dinde et une bûche.

Posted by Aude on décembre 27, 2006

Je ne digère pas trop bien le boudin blanc aux pommes. Surtout lorqu’on m’attaque en même temps…

Quelle étrange névrose qui est la mienne : les quelques héros et héroïnes que j’ai chéri pendant la lecture de leurs histoires, à plusieurs reprises pour certaines, m’habitent depuis. Ils m’ont séduit un jour et je ne sais plus me défaire d’eux.
Jules Barbey D’Aurevilly, un écrivain français du XIX ème siècle, fut l’entremetteur, le temps d’une courte nouvelle, de l’amour qui me consuma alors et me consume encore aujourd’hui pour son héroïne, Hauteclaire Stassin. Quelle femme n’est-elle pas avec sa taille haute, sa maîtrise parfaite de l’art masculin de l’escrime, son profil et son port altier si subtilement rendus dans la langue austère de ce siècle, ses états et qualités d’âme, sa détermination et son habileté redoutables pour parvenir à ses fins – diaboliques – , tout cela et encore bien d’autres choses me fait me pâmer littéralement pour elle.

Noire, souple, (…), aussi royale d’attitude, – dans son espèce, d’une beauté égale, et d’un charme encore plus inquiétant

Comme Baudelaire à la rencontre de sa Passante dans Les Tableaux Parisiens, je reste moi-aussi crispé comme un extravagant ; comme paralysée devant telle figure.

Agile et noble, avec sa jambe de statue, infiniment mystérieuse, passant et repassant sans cesse dans le premier vers du sonnet, la Passante, familière inconnue, intruse espérée, à qui je ne m’attendais pas et qui aura achevé de me perdre.

Lorsque je m’éprends d’un personnage de roman, mon orgueil exige d’abord d’en devenir l’ombre et le semblable, sans qu’il ne soit possible d’engager la moindre résistance à cette lubie. Une fois déçue de constater avec amertume une fois encore que c’est pure impossibilité, sonne le départ de la recherche effrénée tournée cette fois vers les Autres.
C’est bien ici que le bas blesse, car il n’y a pas parmi mes semblables une seule personne qui soit à même de revêtir un costume de personnage fictif, même plus, qui en manifeste le moindre désir.
Je m’y laisse prendre pourtant parfois puisque je suis finalement plus impressionnable que je ne le voudrais, mais je me rends à l’évidence de ma crédulité dans des délais de plus en plus courts et je retombe de l’armoire sur le sol dur et glacé de la réalité [1].

C’est digne d’un drame shakespearien à chaque fois, à la fin duquel je tue à grands cris le personnage puis m’en vais mourir en coulisses.

Le monde suggéré, laborieusement élevé à la force de mon esprit malade, disparaît dans le même temps que le personnage que nourrissait mon imagination, alors que je me trouve face à l’incompréhension incrédule de celui dont j’avais redessiné les contours dont je ne sais finalement rien, ainsi qu’avec le vieux sentiment de profonde désillusion avec lequel je prends le thé et bouffe des gâteaux secs régulièrement depuis des lustres.

Je rêve d’être un personnage de roman moi aussi, beau et terrible, subtil et téméraire, mystérieux donc intriguant. Singulier.

Alors je tente de cultiver le mystère, je pose, je m’immobilise, comme pour donner l’occasion que je rêve de voir me faire offrir, de contempler en vrai un personnage auquel j’aime à croire.
Que personne ne s’étonne, je préfère caresser l’espoir d’une caresse plutôt que caresser…

Alors on me blâme parce que je contemple… La belle affaire.
Depuis quand l’imagination et la contemplation sont-elles proscrites, accompagnées de regards navrés et censeurs ?! Je pourrais ruer si seulement j’avais des brancards !

Cette école du bon sens décidément immuable – je suis très tentée d’employer “indécrottable” – dans son aveuglement, la productivité en bannière, devrait en passant devant sa bibliothèque lire ou relire – ce qui serait pire encore – ce qu’écrivit Charles Baudelaire à propos de l’imagination reine des facultés, ou encore ce brillant petit essai sur l’art d’Oscar Wilde, Le déclin du mensonge.

[1] Roh ! Très belle bête de cliché littéraire…

Je recommande la lecture absolument pas rébarbative – en plus, c’est vrai – du Dictionnaire des Clichés Littéraires à ceux qui voudraient en savoir plus sur ce qu’ils lisent. C’est un livre de Hervé Laroche, édité chez Seuil.

A vieille mule, frein doré.

Posted by Aude on novembre 30, 2006

La preuve par trois.

Je ne suis absolument pas au fait de la législation en vigueur pour ce qui est de la question des droits d’auteurs de blogs, mais je crois cet endroit le plus approprié pour déposer une chose que j’ai peur que quelqu’un me vole, parce que des gens me suivent. Préférablement à une vaine tentation de dissimulation qui n’assurerait certainement pas ma sauvegarde si d’aucun eût eu la même idée et la fasse un jour valoir, et tenant également compte que,

  • Tout Pierre fait confiance au sens éthique d’Internet.
  • Or je fais confiance à Pierre
  • Donc je fais confiance au sens éthique d’Internet.

Je le publie ici, maintenant, la date et l’heure de publication faisant foi :

“Le dentier du chapeau
a les dents qui exsudent”.

Soit, voilà qui est fait. Je pense que c’est le meilleur concept qu’il m’ait jamais été donné d’avoir jusque-là.

Kazimir… Ferme un peu ton sucrier, tu veux ?

Posted by Aude on novembre 28, 2006

Je viens d’apprendre que ma pensée est fondée sur le même système capitaliste d’accumulation que celui d’un banquier libéral – un ou deux pléonasmes ? – puisque : si j’apprends, plus j’en sais, davantage j’ai envie d’en apprendre…
Je devrais m’inquiéter vous croyez ?

Zorro est arrivé et il s’appelle Pup.

Posted by Aude on novembre 27, 2006

Comme je l’écrivais un jour à quelqu’un qui s’en foutait, et qui mérite donc la sérieuse reconsidération que je fais ici de la question de son accès exclusif à cette petite littérature ridicule que fut ma correspondance amoureuse : “Avec toi, je veux faire lever le jour et bouillonner le monde”…
Waouh ! J’ai eu mon premier commentaire ! Et de quelqu’un que je ne connais pas, qui ne me connait pas et qui ne connait même pas quelqu’un que je connais qui lui aurait parlé de moi ! En plus, c’est quelqu’un qui fait des trucs que j’aime ! Waouh !
Alors Monsieur Pup, je vous habille de mes mères, si… A moins que ce ne soit plutôt ces mers-ci, ces maires-ci, ou alors ces mercis-là… Oh ! Je ne sais pas, je ne sais plus, j’ai oublié ; je suis tellement émotionnée ! Vite, vite, mes sels !

Les Carreaux, les Maths et les Pierres.

Posted by Aude on novembre 25, 2006

Pierre, Carotte, échec et Mat

Caroline est : sur Terre, vive, imaginative, à l’écoute, véritablement hilarante et bien sous tous rapports.
Elle aime beaucoup: ma tarte tatin, les jeux, la photographie, ses parents, avoir le dernier mot, la crème fraîche et la chantilly, les pulls en cachemire, l’harmonica, les petits fonds de verres, les pyjamas, du grain sur ses photos, Nina Simone, se déguiser, les chiens, les sushis, les blagues et Pierre.
Mais elle n’aime guère : les légumes, perdre aux jeux, les dissertations de philosophie, les dimanches, les araignées et les gens méchants.
Elle se fout : régulièrement de moi et de l’heure qu’il est.
Elle fait : de très belles photos et des lasagnes bonnes à s’en taper le cul parterre.
Il lui est indispensable d’avoir : de la crème hydratante le matin.

Mathieu est : sur Terre mais très à l’ouest, drôlatique, pertinent, surprenant, ultra créatif et bien sous tous rapports.
Il aime beaucoup : ma tarte tatin, l’art, les chats, la contrebasse, les belles choses, les petits trucs à manger debout et toute la journée, les petits jus de fruits toute la journée aussi, le jazz, les fins de cigarettes, les petits détails qui font tout, les jeux de mots, Miles Davis et la poche ventrale de ses gilets à capuche.
Mais il n’aime vraiment pas : les jeux de société, la pression exercée par une quelconque autorité, les dimanches et les délais.
Il se fout : de temps en temps de moi et de l’heure qu’il est.
Il fait : des dessins sublissimes et de drôlissimes jeux de mots absolument surréalistes.
Il lui est indispensable d’avoir : un secours pour sommeiller.

Pierre est : résolument dans le cosmos, intelligent, désopilant, singulier, très classe et bien sous tous rapports.
Il aime beaucoup : ma tarte tatin, les ordinateurs, les cigarettes à filtres blancs, la discrétion, Ruby on Rails, le bon café, Jimi Hendrix, le silence, les chiens, le roquefort, les jeux de mots et Caroline.
Mais il n’aime pas du tout : manger entre les repas, se lever tôt, Microsoft, les dimanches, les araignées, les ragots, Microsoft, les grands comités, Florence Foresti et Microsoft.
Et il se fout : de ses chaussures, de l’impact des émissions gazeuses bovines sur l’atmosphère, parfois de moi et de l’heure qu’il est.
Il fait : d’excellents trucs informatiques, d’excellents jeux de mots absurdes à couper le souffle dés le réveil et d’excellents cafés.
Il lui est indispensable d’avoir : quelque chose à faire ou à lire en attendant.

Ces trois qui précèdent, me connaissent et me regardent faire tomber des choses – ou moi-même – à longueur de temps, dire des conneries, faire des crises de doutes, déménager, lire le dictionnaire, avoir des lubies et tout un tas d’autres choses inavouables qu’ils ne révèleront j’espère jamais.
Je me déclare à eux par ce présent billet en leur déclamant un peu de ce qu’ils sont pour moi ; ces 3-là me sont plus précieux que toutes les conjugaisons et règles de grammaire française, et je ne les échangerais pas même contre l’abolition du langage abrégé des sms que j’exècre pourtant. Vous qui êtes mes garde-fous, je vous “kiffe”.
Cependant, la folie douce qui est la mienne exécrant probablement bon nombre de mes semblables, que ces gens-là reçoivent, à défaut de la totalité de mon chapelet d’injures, l’expression de mes sentiments les plus choisis. Puissent-ils en avoir des cornes.

Qui est la vôtre ?

Posted by Aude on septembre 23, 2006

Nous avons tous dans notre entourage plus ou moins proche, parmi notre foule de potes, de cousins et de cousines, d’oncles et de tantes, de vieux amis de la famille ou de connaissances mondaines, nous avons tous disais-je, à l’intérieur de notre réseau quelqu’un qui la ramène en toutes occasions. Non pas que cette personne soit tellement désagréable, hautaine ni même inintéressante, mais dès qu’une conversation le lui permet, elle ne répond plus d’elle et envahit l’espace du dialogue en ramenant de manière systématique sa science, soigneusement illustrée de références plus ou moins obscures, plus ou moins en substance, sans qu’il ne soit plus possible de l’arrêter tant elle a de choses à dire lorsqu’il s’agit de ses domaines de prédilection. Sur un ton monotone et didactique, se répétant souvent et quêtant moult exemples pour s’assurer d’être bien comprise de tous, elle corrige les erreurs de français de ses interlocuteurs sur un registre un peu trop professoral, ajoute toujours un mot pour préciser les explications des autres comme pour les valider de son acquiescement et naturellement, s’insurge vigoureusement contre le langage des SMS vraisemblablement en passe de faire son entrée dans nos dictionnaires. En toutes circonstances, elle s’escrime littéralement à montrer combien elle en sait.

Si nous avons eu les mêmes lectures de prime jeunesse, vous devez tous avoir en tête en lisant ces dernières lignes, le personnage d’Agnan dans Le Petit Nicolas de Sempé, détestable chouchou de la maîtresse, toujours premier en composition, sale petit porteur de lunettes intouchable et horrible cafard de surcroît. Que de sentiments équivoques et paradoxaux nous nourrissions à l’égard d’Agnan, dont nous enviions les acquis d’arithmétique et les rudiments d’anglais, l’intelligence et la soif d’apprendre, alors que dans le même temps nous le traitions de ringard rabat-joie, le détestions et nous moquions de lui lorsqu’il repassait ses leçons durant les récréations, se faisait taper dessus par Eudes en dépit de son port de lunettes, se laissait voir sous le jour d’un sale rapporteur parfaitement désolidarisé de la condition des moins favorisés sur le plan scolaire - je pense à Clotaire -, ou encore lorsqu’il se montrait trop pointilleux sur l’utilisation et le bon entretien de sa précieuse boîte de chimie.
Si vous n’avez pas eu le bonheur de lire ces petits chefs-d’oeuvre parce que vous préfériez à cette époque regarder Les Chevaliers du Zodiac, je suis toutefois certaine que vous connaissez un personnage de semblable envergure, et que vous souriez à cet instant en y songeant…

Et bien moi j’en suis.
Oui, j’ai été une “Madame-je-sais-tout” pendant toute la période de l’école maternelle et primaire jusqu’au collège. C’était moi que l’on désignait souvent pour surveiller la classe pendant que le professeur s’absentait, mes enseignants lisaient parfois mes travaux en classe et les citaient en exemples à suivre, j’ai été la chouchoute de tous mes professeurs de français jusqu’à la fac, et après avoir les avoir tous harcelé dès la cinquième parce que j’exigeais de commencer la philosophie, je tentais en terminale d’initier pendant l’heure du déjeuner quelques âmes soucieuses de leurs résultats et esprits insensibles, à la beauté subtile de la pensée kantienne ou du style aristotélicien.
Mais que l’on ne s’y trompe pas, je n’ai été la première de la classe seulement jusqu’au CM2 - par la suite, j’ai décidé de ne plus m’intéresser qu’aux arts, à la littérature et à l’histoire, ce que je proscris vivement aujourd’hui -, et a contrario de notre cher Agnan, je ne fus pas de ceux qui mettent leurs coudes ou un livre ouvert debout sur la table, dans le but mesquin de dissimuler leurs copies et d’anéantir ainsi tout espoir pour leur voisin de s’inspirer plus ou moins copieusement de leurs travaux. Non, moi je faisais passer mes exercices de grammaire et de conjugaison à mes copains nuls comme me l’avait recommandé mon père, qui lorsqu’il était enfant, avait inventé avec ses camarades de classe l’inexplicablement méconnu “Téléphérique”, qui fut une sorte de corde tendue reliant les pupitres d’une même rangée, et sur laquelle tous ou presque posaient leurs copies, acheminées ensuite par le dernier de la rangée lorsqu’il actionnait le “Téléphérique” en tirant sur la corde. Ces enfants furent en somme les penseurs géniaux d’une pensée parallèle au système communiste, mais motivés par des ambitions individualistes et c’est bien là une chose assez désopilante pour que je vous la conte, n’est-ce pas ?
Je fus donc une horrible “Je-sais-tout” mais comme vous l’avez constaté, je n’en fus pas méprisable pour autant.

Mes amis - des gens très bien, très cultivés dans leurs domaines respectifs, intelligents et même brillants pour certains, bref tous très sympathiques - subissent depuis longtemps déjà mes longs monologues et cheminements de pensées alambiqués auxquels je suis seule à trouver une logique certaine ou une certaine logique. Or, s’ils se montraient polis et soucieux de ne pas me mettre dans l’embarras au début, ils n’hésitent plus à présent lorsque je fais état de mes maigres connaissances, à feindre de m’écouter en ponctuant parfois leur ennui d’un hochement de tête en guise d’acquiescement pour les plus délicats, à lever les yeux aux ciel ou à faire mine de s’occuper d’autre chose pour d’autres, ou encore de me dire en soupirant de me détendre - “Pète un coup et lâche-toi !” en fait, mais je n’apprécie guère cette métaphore laxative - et de passer la bouteille de ce bordeaux sorti de derrière les fagots s’il-me-plaît…

Ainsi pour mon anniversaire, ils m’offrirent deux présents : un pour moi et un pour eux. Je reçus dans un premier temps une sérigraphie originale d’Adami à l’effigie de Freud, que j’aime tellement que je crains de l’accrocher - elle pourrait être déchirée de façon accidentelle, s’abimer par la lumière ou jaunir par la fumée de mes cigarettes -, et dans un second temps, Pierre m’a fait découvrir l’encyclopédie en ligne Wikipédia et m’a ouvert un compte au nom flatteur d’Eaudesource - jeu de mot avec mon prénom que j’affectionne tout particulièrement - pour que je puisse enfin disposer d’un espace où il est non seulement permis mais même vivement recommandé de ramener sa fraise à tout bout de champ. Mon Eldorado.

Je pouvais à ma guise en apprendre sur absolument tout, ajouter des précisions à un article incomplet, refaire une mise en page approximative, corriger des erreurs ou des imprécisions, et tout cela en justifiant mon intervention par une explication du pourquoi du parce que en bonne et due forme. Mon despotisme orthographique exultait et s’exaltait de tout son saoul…

Mais non contente de corriger des articles que d’autres avaient écrit, mon amour-propre exigeait de devenir auteur. J’ai ainsi rédigé quelques articles traitant de l’art moderne et d’autres à propos de la mythologie, tant et si bien qu’alors que je commençais à me sentir à l’aise dans cet étrange univers, un spécimen bien supérieurement orgueilleux à moi se mit à suivre tous mes articles et à en amputer de ses corrections la plupart, lorsqu’il ne les supprimait pas sans vergogne. Il a été mon Aude à moi, plus audien encore que moi… D’ailleurs en passant, Bibi Saint Pol si tu me lis, tu as gâté mon paradis et je t’emmerde.
Après quelques infructueux nouveaux essais, je décidai que Wikipédia était trop petit pour nous deux et me retirai donc devant la suprématie de cet bête de correction qu’il fut. Quelle amère déception ais-je ressenti.

Voici que Pierre m’ouvre ce blog comme un palliatif, mais je tiens à vous rassurer par ce premier billet et vous dire que je ne veux pas disposer de cet espace pour ennuyer les bonnes gens qui viendront peut-être me lire. Il y a dans ma tête des tas de conneries qui ne demandent qu’à s’extraire, et c’est ici que je vais tenter de les canaliser et de leur donner une forme acceptable, peut-être même drôle si j’y parviens avec le concours des pétillants esprits qui m’entourent.

C’est à présent la fin de ce texte qui encore une fois a traîné en longueur alors je remercie et j’applaudis avec enthousiasme ceux qui m’ont lu dans ma totalité.
Simplement pour vous dire, voilà je suis Aude, mais je me soigne.