Ah-que-je-t’aime.

Posted by Aude on juillet 03, 2007

Caroline,

On se connaît depuis quelques temps, même si on se parlait peu souvent.

C’est vrai.

Tu lis en moi comme dans un livre ouvert, je te sens si fragile, le cœur à découvert. J’ai envie qu’on se dise tous nos moindres secrets, car je resterai ta meilleure amie. Je serai là toujours pour toi. N’importe où. Quand tu voudras. Je serai toujours la même, un peu bohème, prête à faire des folies. Je serai, même si la vie nous sépare, celle qui te redonnera l’espoir ; on ne laissera rien au hasard car tu sais que je resterai ta meilleure amie.

Et si des fois on se chamaille, pour un garçon ou pour un détail…

Et ça donne tout pour toi, tout pour moi. J’ai bien l’impression
qu’on se ressemble, on est bien ensemble.

J’ai envie qu’on se parle. De tout et de rien.

Je suis la dernière, bon anniversaire petit scarabée malicieux.

Autoportrait + Question.

Posted by Aude on mai 07, 2007

Petit Poucet mon cul.

A Reims, j’ai laissé mon édition fétiche des Fleurs du Mal. Au Havre, j’ai oublié mon petit cahier de brouillon et tous les poèmes. A Dauville, j’ai égaré mon porte-cigarette. A Cabourg, j’ai paumé les autres. A Toulon, j’ai adiré papiers, sous et beau portefeuille. A Tours, j’ai perdu du temps. A Pornic, j’ai oublié le pull bleu de Ninon. A Deauville, j’ai laissé mon plus beau parapluie à carreaux. A Beaujeu, là c’est moi qu’on a laissé. A Lyon, j’ai laissé passer une occasion de me taire. A Orléans, encore du temps ! A Bastia, je me suis perdue. A Bordeaux, j’ai égaré de splendides lunettes de mouche qui coûtaient un bras. A Sens, j’ai oublié mon caillou. A Nice, j’ai paumé mes chaussures. A Grenoble, j’ai laissé Juju. A Annecy, j’ai perdu l’Opinel de ma poche droite, celui de mes six ans.

Marseille me voilà, que voudras-tu de moi ?

La grande forme.

Posted by Aude on avril 29, 2007

Apore ou l’Aposthème vantard.

Promettez-moi mes peines de rester tout-à-fait.
Tragédies incolores qui renâclent à croupir,
J’exulte et morigène vos pertes à mon creuset
J’exalte, immature, des relans de m’occire.

A la foi de vos gages et faveurs truculentes
Je montre profil bas, contemple mes souliers,
Essuie vos vifs usages de mes joues turgescentes
Le coeur sur les dents et l’âme agenouillée.

Promettez-moi mes gourds de fuir pour jamais.
Reprenez chevauchée et changez-moi d’épaule
Décoiffez-moi des ronces, défaites-moi de ma môle.
Brûler la lettre morte et ma propre géhenne

L’inconstance du vide que l’entêtement attise,
Prométhée cédez-moi cette seule accortise.

Par-delà Haut et Bas.

Posted by Aude on avril 05, 2007

Au bas mot, comme de pisser dans le violon d’Ingres.

Mon inconnue familière,

Oh bien sûr, je pourrais t’écrire des vers en alexandrins bien rythmés ;
mais jamais ils ne sauraient te faire entendre le claquement du pas qui te manque.
Oh bien sûr, je pourrais te duper en édifiant quelque antalgique frelaté ;
mais la consolation ne peut naître que de la désolation, pas de sa dénégation.
Oh bien sûr, je pourrais faire vent de tes affres en te sifflant cet air de Bach ;
mais les mains froides qui claquent ton visage battent déjà l’air pour trop vicié.
Oh bien sûr, je pourrais tenter la reprise de notre pas de deux avec des pirouettes en rires fouettés ;
mais ce ne serait que la promesse de gagner la redite de te perdre encore.
Oh bien sûr, je pourrais vider ton carton à tristesses et tout flanquer à la rue, me désencombrer des mots et te sourire en silence…
Mais mes mots ne sont pas comme tes solaires à toi, qui disent les ombrées comme personne.
Ils ne sont pas bien sûrs ni bien mûrs mes mots.
Alors je soliloque et je ne crie pas, je t’écris muettement pour extraire, sortir de mon informulable un semblant de forme encodée en écho à la rumeur de tes jours malheureux qui m’entichent d’une peine labyrinthe.
Si nous sommes des îles en soi, alors je suis embarquée vers ton continent.
Tu piques mes yeux.

Je te touche du coeur, Marie.

La Belle au bois dormant, deuxième du nom.

Posted by Aude on mars 08, 2007

À C. qui sait.

Ephialtès, l’hypocrite hippocratique.

Tes rêves punitifs sanctionnent mes impuissances,
Ces pensées noctambules cabrées d’être pansées
Rabattent le massif des désirs de régence,
Nasardent mes écumes, rient de me sang-glacer.
Donne à boire à tes songes et je vous conduirai
Vomir tes volutes, rendre leur éthanol,
Les perdre aux latrines tes vils sans apprêts
Les répandre aux orties tes figures qui racolent.
Dardons plus vivement les boules de nos ventres
Nos rires scutelliformes talonneront tes fantômes,
J’ai mes mots immobiles, cède-moi d’être ton chantre
Je scruterai tes maux et te dirai mes nomes
Je viderai nos jours de tes spectrales nuits
À mots j’exilerai cauchemars triomphaux,
Frappant d’un verbe leste leur sommeil assoupi,
Tes drames hypnosiens tournés en fabliaux.

Le bruit fait la sieste, chut.

Posted by Aude on janvier 24, 2007

L’écho ensilencé

Un caillou silencieux tait le vase impudique

Des secrets hermétiques, la flagrance empierrée,

Elle berce mes idées ta rumeur monastique

Un lot de terres précieux ton silence altier.

Très bon anniversaire…

C’en est trop ! Je suis encore si jeune…

Posted by Aude on janvier 11, 2007

Hey toi ! Avec tes ailes et ton papillon ! Sors de ton trou, que je te fume

Après James Brown le 25 décembre de l’année passée, voilà que c’est Jean-Pierre Vernant qui rend sa vie.

Lorsque que j’étais enfant je lisais avec excitation la mythologie d’Edith Hamilton, depuis lors que je dois l’être moins, je lis avec admiration un peu de ce qu’écrivit Jean-Pierre Vernant.

Alors j’ai les boules.

(post-publication oblige)

Posted by Aude on janvier 09, 2007

Merde. J’arrive pas à croire que j’ai osé faire ça…

Lettre ouverte attrapée par la queue, montrée à ces Messieurs.

Posted by Aude on janvier 09, 2007

Pour ceux qui ne comprendront rien, allez .

Un mot d’abord.

En jeune fille de bonne famille que je suis, soucieuse des moeurs bourgeoises et ampoulées sous le murmure desquelles on s’est escrimé à me faire ployer tant et si bien que je n’aspire plus désormais qu’à ce qu’on m’ait partout en odeur de sainteté, parler ainsi à la cantonade alors que je m’adresse à vous tout particulièrement me chagrinait.
Je craignais, par ces lavages de linges malodorants, de m’attirer – en plus de celles de Monsieur Pujol – les foudres de notre hôte jusqu’ici débonnaire dont nous sommes les heureux hôtes, j’ai nommé Ataraxie. Je serais en effet bien en peine de lui déplaire par ces incessants règlements de comptes rendus sur la place privée de son espace public, ou bien l’inverse qu’en sais-je…

Et puisqu’il existe un flottement du sens dans cette fausse symétrie des “hôtes”, je m’emploie à rétablir une certaine clarté en me faisant ici votre hôtesse.
Voilà qui aura été dit.

Cher Mix,

Je t’en prie pas d’excuses, de justifications, de plaintes ou d’apitoiements. Je me sens somme toute assez armée pour en découdre s’il le faut avec ces attaques pujoliennes cinglantes. Je crois d’ailleurs que ma névrotique propension àne me sentir d’affection que pour ceux qui me malmènent atteint ici son comble avec ce Joseph-là…

J’en parlerai à ma prochaine séance.

Et puis ta remarque n’était pas tant critique, elle pointait plutôt avec justesse l’irrectitude – passe-moi ça – de mon orthographe. Donc, ni remords ni regrets, je t’en prie.

En outre, comme je l’ai souvent pensé sans l’avoir jamais formellement énoncé, je n’ai guère le sentiment d’être comprise et de la même manière, je n’ai que très rarement la conviction de saisir ce que l’altérité me laisse à voir d’elle, tout juste peut-être parfois d’en effleurer la surface… Comme condamnée à un supplice tout tantalien, lequel se meurt de soif et de faim tandis que le nécessaire s’offre à son regard sans qu’il puisse jamais l’atteindre, je descend sans cesse ma pente pour me saisir du sens des mots des Autres et remonte encombrée de ces familiers dont les sens singuliers m’échappent finalement une fois revenue à mon sommet.

Comme tu peux le déduire au travers de cette petite digression, jugeant assez médiocrement ma compréhension de l’altérité, j’envisage la politesse et la courtoisie comme une espèce de dernier bastion – certes artificiel – d’une écoute réciproque, reposant simplement sur un code dont il n’est exigé pour le comprendre que d’en posséder une grille de lecture.

Ainsi, je sais apprécier pour beaucoup la courtoisie dont tu fais montre en prenant la peine de m’écrire tes inquiétudes. Merci d’être si délicat.

Cher Joseph,

J’ai sous mon coude un Oscar Wilde belge personnel très au fait de ce qu’il s’est et se dit en matière d’anthropologie, qui m’a lu il y a peu la réponse faite par Deleuze [1] au jeune critique moins sournois qu’indélicat auquel il avait accordé un entretien. Or, tant de simplicité, de clarté et de concision de concert dans l’exposition de ses arguments m’encouragent à adopter profil bas et à me taire.
Mais je ne suis pas Gilles Deleuze, je suis incapable de me résister, je vous réponds donc.

Et quel bonheur d’abord d’avoir à vous répondre ! Comme il m’a plu de l’écrire sur votre blog mort-né, votre plume puissante n’est pas pour me déplaire et je regrette encore une fois que vous ne l’employiez pas au traitement de sujets qui vous seraient propres. Je m’enorgueillis donc de cet intérêt et de l’insistance, dont j’aime à croire qu’ils sont particulier, que vous portez à me reprendre.

Pour continuer de filer la métaphore historique que vous entamâtes avec Waterloo et Bernard Pivot, je dois vous dire que je vous trouve moins pujolien qu’hugolien et que je me sens comme Napoléon III, – comprend qui veut. –
Mais si le moustachu fut mou du genoux pour rétorquer, j’ai pour ma part appris de ses erreurs.

Votre erreur à vous n’aura été que de laisser filtrer votre trop grande perméabilité à certains mots évocateurs et c’est précisément de cette arme dont je vais abuser puisque je n’obéis presque jamais à ce que l’on me somme de faire.

Comme le disait le père d’un homme que j’admire beaucoup, “ce qui se conçoit bien s’énonce clairement”.
Donc, je donne voix pour ma défense au chapitre de l’Arlequin dégvergondé pour disposer d’un contexte valable et vous écrire de tout mon saoul les cochonneries que vous dites craindre, dans ce que je tente de faire passer pour le langage fleuri du XVIII ème siècle…

Joseph, tremblez !

[1] En préface à ses Pourparlers. (?)

Une spirale, ça n’arrête pas comme ça de tourner en rond.

Posted by Aude on janvier 02, 2007

Ô Foudre, rage, désespoir, fin des haricots et vieillesse ennemie !

Deux-mille-sept, tu me parles trop mal et tu fous trop la merde.

Non-contente de me défendre dorénavant de fumer mon café en buvant ma clope tout en feuilletant lascivement le journal à côté d’un radiateur du Zéphyr, en prime tu m’empêches de voter plusieurs fois de suite pour nimber et sacrer ce blog qui prend soin de notre système pileux.
Si on ne peut même plus mourir et tricher [1] tranquille maintenant…

Je suis presque surprise que personne de petit n’ai pensé à poster un flic sous chacune des touches de mon clavier, tous prêts à me plomber les phalanges à la première de mes incartades ; je crois que d’avoir trop regardé ce dessin aura contribué à nourrir mes angoisses.

[1] Gustave Flaubert a dit :

Emma Bovary, c’est moi”.

Et moi de lui rétorquer :

Eh bien Gustave, ça va t’en boucher un coin, mais moi c’est Jean Tibéri.”.