Madeleine

Publié par Aude le 05 septembre 2008

À la faveur d’une doctrine du sublime, Madeleine voulut frapper son temps et déployer des phrases à la dimension des siècles, mais sa folie rendue sage par dilution dans trop d’ordonnance n’avait eu pour le monde que la vertu d’un stimulant.
Fut-ce contre l’adversité des choses ou l’inertie des circonstances, reste qu’à la prépondérance de l’aléatoire elle en vint tout de même à être appréciée, et jusqu’à l’épreuve du contraire elle porta bien le chapeau. Traitant sa peau au riz, l’acné du génie suppurant au cœur, elle cousait son triomphe au fil accidenté, toute organiquement née pour écrire qu’elle était.
Au moins avait-elle l’élégance d’être laide.
À raconter des histoires pour jouer la sienne, elle ne regardait même plus les devis avant de copier d’après nature. Mais les princes ne sont pas faits pour qu’on s’y pende ni les crapauds pour qu’on s’y penche, et aux temps venus des persécutions de l’âge, couverte des postillons du monde, reniée, Madeleine se ravalant elle-même vit que sa vie n’avait été que des moments de rien. Alors elle cabriola, valdingua, et se tailla avec Opiniâtre pour un autre moulin à vent.

- “Je meurs virtuose de rendre la mort comique et la tragédie sans majesté”, dit-elle en partant.

- “À vos souhaits”, lui répondit le bourreau.

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Commentaires

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  1. raphael, Vendredi 05/09/08 à 22:26

    Voilà le mot revenu !
    Les toiles d’araignées sont parties !
    Les scolopendres se font la malle !
    http://www.palgwe.be/images/applause.gif

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