La grande forme.
Apore ou l’Aposthème vantard.
Promettez-moi mes peines de rester tout-à-fait.
Tragédies incolores qui renâclent à croupir,
J’exulte et morigène vos pertes à mon creuset
J’exalte, immature, des relans de m’occire.
A la foi de vos gages et faveurs truculentes
Je montre profil bas, contemple mes souliers,
Essuie vos vifs usages de mes joues turgescentes
Le coeur sur les dents et l’âme agenouillée.
Promettez-moi mes gourds de fuir pour jamais.
Reprenez chevauchée et changez-moi d’épaule
Décoiffez-moi des ronces, défaites-moi de ma môle.
Brûler la lettre morte et ma propre géhenne
L’inconstance du vide que l’entêtement attise,
Prométhée cédez-moi cette seule accortise.
Karoutcho ! ©
Généralités d’itinéraires.
Il est remarquable que les préambules et introductions à bien des ouvrages, théoriques ou non, publiés comme le dicte les conventions éditoriales dans les premières pages à l’attention de quelques attentionnés lecteurs, soient presque toujours rédigés à la fin de celui-ci.
Remémoire des opinions communément admises desquelles combien fallut-il de labeur et de clairvoyance pour seulement s’extraire, exposition des enjeux et des limites du champ d’étude, justification systématique des postulats au moyen de la toute puissante interprétation d’un maître illustrement méconnu, humilité feinte enfin, en la démonstration d’érudition par la capacité à bâtir des ponts en dépit de la densité du corps documentaire qui s’offrait au sujet.
Par ce procédé, c’est paradoxalement sur une toile de fond presque conclusive que lecture débute, l’auteur témoignant surtout de son souci d’être parfaitement saisi dans toute la rectitude de son propos et par-dessus tout, de celui d’être pris pour ce qu’il se défend d’être.
Curieux, véritablement, que désormais les introductions s’apparentent davantage à des mises en garde qu’à une invitation à la lecture.
Des biques et des boucs
“L’un n’empêche pas l’autre”, qu’elle disait.
- Ceux qui partent près et ceux qui restent loin.
- Ceux qui amènent toujours quelque chose en arrivant et ceux qui oublient toujours quelque chose en partant.
- Ceux qui aiment toujours le plus et ceux qui aiment aussi mais toujours moins.
- Ceux qui veillent à ce que ce soit toujours plein et ceux qui attendent que ce soit vide pour remplir.
- Ceux qui perdent toujours tout et ceux qui ne trouvent jamais rien.
Par-delà Haut et Bas.
Au bas mot, comme de pisser dans le violon d’Ingres.
Mon inconnue familière,
Oh bien sûr, je pourrais t’écrire des vers en alexandrins bien rythmés ;
mais jamais ils ne sauraient te faire entendre le claquement du pas qui te manque.
Oh bien sûr, je pourrais te duper en édifiant quelque antalgique frelaté ;
mais la consolation ne peut naître que de la désolation, pas de sa dénégation.
Oh bien sûr, je pourrais faire vent de tes affres en te sifflant cet air de Bach ;
mais les mains froides qui claquent ton visage battent déjà l’air pour trop vicié.
Oh bien sûr, je pourrais tenter la reprise de notre pas de deux avec des pirouettes en rires fouettés ;
mais ce ne serait que la promesse de gagner la redite de te perdre encore.
Oh bien sûr, je pourrais vider ton carton à tristesses et tout flanquer à la rue, me désencombrer des mots et te sourire en silence…
Mais mes mots ne sont pas comme tes solaires à toi, qui disent les ombrées comme personne.
Ils ne sont pas bien sûrs ni bien mûrs mes mots.
Alors je soliloque et je ne crie pas, je t’écris muettement pour extraire, sortir de mon informulable un semblant de forme encodée en écho à la rumeur de tes jours malheureux qui m’entichent d’une peine labyrinthe.
Si nous sommes des îles en soi, alors je suis embarquée vers ton continent.
Tu piques mes yeux.
Je te touche du coeur, Marie.
