Des coqs et des ânes.
- Ceux qui suivent religieusement les manuels d’utilisation et autres modes d’emploi et ceux qui font confiance à leur étoile.
- Ceux qui aiment les endives cuites et tous les autres qui les détestent atrocement.
- Ceux qui prélèvent le beurre en le râpant et ceux qui le coupent.
- Ceux qui lisent les bandes-dessinées et ceux qui ne regardent que les images.
Histoire d’archives, I.
Le verbe et l’état.
Le verbe mesure la hauteur de la tour d’où je dis, d’où je règne, je vaque, je crédule, je comédie, je laisse. Le verbe mesure la hauteur de la tour d’où j’ai l’âme qui respire. Le verbe mesure la hauteur de la tour où je culte en paix. Le verbe mesure la tour sur l’échelle de ma grammaire intime.
C’est le verbe qui mesure qui je peux être, qui je peut être, quel jeu peut-être.
Aujourd’hui de merde comme un hier révolu.
Les sels arsenicaux.
En Danaé moderne dans l’airain de ma tour
Où j’estompais mes cernes, je gommais mes contours,
On m’a fait sa captive en mes pierres infiltrant
M’abandonna lascive et morte secrètement.
Le mois s’en est allé mais c’est moi qu’il quittait
Mon coeur sous son bras, brûlant, brûlé par lui
Piétinées mes vertus et mes délectations
Mes vanités perdues pleurant à l’unisson.
Je conviai des charognes pour me faire leur festin
Qu’elles tirent sur mes entrailles, éparpillent leur butin
Que leurs becs pointus fassent craquer ma chair
Et qu’elles ne laissent rien moins que pour nourrir les vers.
La terre sèche des vignes fourmillait d’araignées
Monstrueuses craintives, mordeuses contrariées,
Déchiqueter ma peau, sanguinoler mes yeux
Comme je les eusse aimé ces créatures de Dieu.
Je rêvai de mâchoires et des griffes acérées,
D’animaux mangeurs d’hommes qui eussent pu profiter
Dans la douce froidure par cet hiver manqué,
De mon corps de vingt ans assis à un bureau
Sans une moindre éraflure qui marquerait ma peau.
Mon supplice suppure
Ses sels arsenicaux.