Le bruit fait la sieste, chut.
L’écho ensilencé
Un caillou silencieux tait le vase impudique
Des secrets hermétiques, la flagrance empierrée,
Elle berce mes idées ta rumeur monastique
Un lot de terres précieux ton silence altier.
Très bon anniversaire…
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Sous l’horizontale bleue des frontières aquatiques, les cailloux silencieux en chutes molles dispersent la vase du bout de leurs trajectoires parallèles. Dans l’eau muette, la lumière particule à travers ce filtre et prend des lueurs de débâcle. L’absence de bruit comme un choc sourd en écho circulaire…
…à la surface mes mots sur les tiens en ricochet.
P.S: si tu cherches le vase impudique, il n’est pas loin du fruit défendu et du rideau raidi de désir…
http://www.agoravox.fr/IMG/le_verrou_fragonard-1-2.jpg
à 30 cm des cristaux liquides, coule une roche écarlate…
Version “old school” revendiquée (on ne se refait pas ! :-)
Le vase où meurt cette verveine
D’un coup d’éventail fut fêlé ;
Le coup dut effleurer à peine :
Aucun bruit ne l’a révélé.
Mais la légère meurtrissure,
Mordant le cristal chaque jour,
D’une marche invisible et sûre
En a fait lentement le tour.
Son eau fraîche a fui goutte à goutte,
Le suc des fleurs s’est épuisé ;
Personne encore ne s’en doute ;
N’y touchez pas, il est brisé.
Souvent aussi la main qu’on aime,
Effleurant le coeur, le meurtrit ;
Puis le coeur se fend de lui-même,
La fleur de son amour périt ;
Toujours intact aux yeux du monde,
Il sent croître et pleurer tout bas
Sa blessure fine et profonde ;
Il est brisé, n’y touchez pas.
Sully Pruhomme bien sûr !
Ah *Joseph* !
J’aurais tant aimé t’avoir comme professeur d’histoire de l’art ; ce vieil homme pédant qui me parlait des heures durant de la peinture du XVIII ème, ânonnant ses feuilles jaunies qui finalement le faisaient taire, comme il était ennuyeux.
Hé hé ! Ce vase renversé juste derrière la pomme, comme c’est évocateur, presque subversif !? Ainsi après “le maître”:http://www.artyst.net/B/Boucher18/BoucherOdalisque.jpg voilà l’élève et justement, j’aime Fragonard un peu comme j’aime Watteau ; parce qu’il y a une tension sacrée sous la baroquerie ou l’application des drapés.
(Je guette un moindre mouvement dans l’onde encrée mais jamais ne t’aperçois. C’est sûrement pour ça que tu m’enchantes chaque fois.)
*Gaf*,
A la rubrique de la pierre, le rubis.
(Et tous mes bravos pour cette percée lyrique !)
Oh, merci *Christian* pour ce morceau fort bien choisi des _Stances et Poèmes_ !
Mais ce vase-là se meurt presque d’amour, alors que je crois que l’autre vit grâce à lui…
Mais _”pas de poésie sans silence”_, disait Roberto Juarroz, alors *je ferme mon clapet*.
“professeur d’histoire de l’art ; ce vieil homme pédant qui me parlait des heures durant de la peinture du XVIII ème, ânonnant ses feuilles jaunies qui finalement le faisaient taire, comme il était ennuyeux.”
On a, semble t-il, cotoyé les mêmes alors…
Qu’ils m’auront fait souffrir ces gens sans passion…
P.S: si tu aimes bien déchirer (un peu) les feuilles jaunies de la science positiviste, où les faits et seuls les faits comptent, je t’invite à aller feuilleter les livres du regretté Daniel Arasse (que tu connais peut-être): “Histoires de peintures”, “On n’y voit rien !” pour les plus connus et/ou abordables. Il y explique, dans le détail, ce qui pour lui est à l’oeuvre dans ce rideau.
Y a du bon, du génial, du moins bon et du capillotractage. Distance donc garder tu devras, mais merde…quel souffle et quelle curiosité on sent derrière ses mots. Je préfère largement un homme qui ose questionner notre regard, quitte à passer quelquefois pour un con, que ces vieux ruminants qui s’enlisent dans l’ornière où d’autres ont laissé leurs empreintes depuis déjà bien longtemps.
C’est précisément cette constatation désolée de l’assèchement de la passion et de la pensée critique chez *presque* tous mes vieux spécialistes de maîtres qui me fait me féliciter de ne plus étudier l’art que pour mon plaisir.
Et *§Z”Ø–#ø¶{ * ! C’est vraiment pas le pot ! Je devais être occupée à apprendre à faire du vélo sans roulettes ou bien à enduire grassement des clous de paraffine pour ma cabane quand “Daniel Arasse”:http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3328,36-207350,0.html quittait les amphis de la rue Michelet… Et rien de son regard “intime avec l’oeuvre” ne subsiste vraiment dans cet institut pourtant très bon, sinon quelques ouvrages à la bibliothèque [1] et sa renommée dont en revanche, on se gargarise toujours bien volontiers.
Vraiment merci Joseph de m’avoir rappelé son nom complètement snobé par ma mémoire en pleine dégénérescence, grâce à toi j’ai la joie de partager “cette trouvaille”:http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2004/arasse/ et aussi de lever le voile sur ce rideau fragonardien (?).
(_*Histoire de peintures*_, extrait [2] : _…”Comme j’aime la surprise, réussir à percevoir ce que je ne m’attendais pas à voir est ce qui m’a attiré dans cette réflexion sur le détail : ce qui fait écart à l’ensemble, mais aussi ce que peut condenser dans ce minuscule écart la signification de l’ensemble”…_
Jamais entendu si bien parler du tout et de la partie, moi… Comme quoi, la simplicité ne réclame pas nécessairement la vulgarisation.)
[1] Bibliothèque où, en passant, la vieille chouette - rien à voir avec celle de Minerve, soyons clairs - qui contrôlait ma carte *à chaque fois* avait certainement obtenu une mention très honorable pour sa thèse sur le _chhhhhhuuuuut !_ vu l’assurance non-contenue qu’elle donnait aux siens. Espèce de vieille bique, tiens. Et ganache aussi.
[2] Gna gna gna… Ouais, ouais, je sais ! Mais je m’en fous c’est le blog d’Aude ici - c’est moi, on vous l’a pas dit ? - alors je mets tous les passages que je veux, comme ça me chante… Na.
Chouette blog; bien écrit et tout.
(Excusez-moi, je ne fais que passer)