Lettre ouverte attrapée par la queue, montrée à ces Messieurs.
Pour ceux qui ne comprendront rien, allez là.
Un mot d’abord.
En jeune fille de bonne famille que je suis, soucieuse des moeurs bourgeoises et ampoulées sous le murmure desquelles on s’est escrimé à me faire ployer tant et si bien que je n’aspire plus désormais qu’à ce qu’on m’ait partout en odeur de sainteté, parler ainsi à la cantonade alors que je m’adresse à vous tout particulièrement me chagrinait.
Je craignais, par ces lavages de linges malodorants, de m’attirer – en plus de celles de Monsieur Pujol – les foudres de notre hôte jusqu’ici débonnaire dont nous sommes les heureux hôtes, j’ai nommé Ataraxie. Je serais en effet bien en peine de lui déplaire par ces incessants règlements de comptes rendus sur la place privée de son espace public, ou bien l’inverse qu’en sais-je…
Et puisqu’il existe un flottement du sens dans cette fausse symétrie des “hôtes”, je m’emploie à rétablir une certaine clarté en me faisant ici votre hôtesse.
Voilà qui aura été dit.
Cher Mix,
Je t’en prie pas d’excuses, de justifications, de plaintes ou d’apitoiements. Je me sens somme toute assez armée pour en découdre s’il le faut avec ces attaques pujoliennes cinglantes. Je crois d’ailleurs que ma névrotique propension àne me sentir d’affection que pour ceux qui me malmènent atteint ici son comble avec ce Joseph-là…
J’en parlerai à ma prochaine séance.
Et puis ta remarque n’était pas tant critique, elle pointait plutôt avec justesse l’irrectitude – passe-moi ça – de mon orthographe. Donc, ni remords ni regrets, je t’en prie.
En outre, comme je l’ai souvent pensé sans l’avoir jamais formellement énoncé, je n’ai guère le sentiment d’être comprise et de la même manière, je n’ai que très rarement la conviction de saisir ce que l’altérité me laisse à voir d’elle, tout juste peut-être parfois d’en effleurer la surface… Comme condamnée à un supplice tout tantalien, lequel se meurt de soif et de faim tandis que le nécessaire s’offre à son regard sans qu’il puisse jamais l’atteindre, je descend sans cesse ma pente pour me saisir du sens des mots des Autres et remonte encombrée de ces familiers dont les sens singuliers m’échappent finalement une fois revenue à mon sommet.
Comme tu peux le déduire au travers de cette petite digression, jugeant assez médiocrement ma compréhension de l’altérité, j’envisage la politesse et la courtoisie comme une espèce de dernier bastion – certes artificiel – d’une écoute réciproque, reposant simplement sur un code dont il n’est exigé pour le comprendre que d’en posséder une grille de lecture.
Ainsi, je sais apprécier pour beaucoup la courtoisie dont tu fais montre en prenant la peine de m’écrire tes inquiétudes. Merci d’être si délicat.
Cher Joseph,
J’ai sous mon coude un Oscar Wilde belge personnel très au fait de ce qu’il s’est et se dit en matière d’anthropologie, qui m’a lu il y a peu la réponse faite par Deleuze [1] au jeune critique moins sournois qu’indélicat auquel il avait accordé un entretien. Or, tant de simplicité, de clarté et de concision de concert dans l’exposition de ses arguments m’encouragent à adopter profil bas et à me taire.
Mais je ne suis pas Gilles Deleuze, je suis incapable de me résister, je vous réponds donc.
Et quel bonheur d’abord d’avoir à vous répondre ! Comme il m’a plu de l’écrire sur votre blog mort-né, votre plume puissante n’est pas pour me déplaire et je regrette encore une fois que vous ne l’employiez pas au traitement de sujets qui vous seraient propres. Je m’enorgueillis donc de cet intérêt et de l’insistance, dont j’aime à croire qu’ils sont particulier, que vous portez à me reprendre.
Pour continuer de filer la métaphore historique que vous entamâtes avec Waterloo et Bernard Pivot, je dois vous dire que je vous trouve moins pujolien qu’hugolien et que je me sens comme Napoléon III, – comprend qui veut. –
Mais si le moustachu fut mou du genoux pour rétorquer, j’ai pour ma part appris de ses erreurs.
Votre erreur à vous n’aura été que de laisser filtrer votre trop grande perméabilité à certains mots évocateurs et c’est précisément de cette arme dont je vais abuser puisque je n’obéis presque jamais à ce que l’on me somme de faire.
Comme le disait le père d’un homme que j’admire beaucoup, “ce qui se conçoit bien s’énonce clairement”.
Donc, je donne voix pour ma défense au chapitre de l’Arlequin dégvergondé pour disposer d’un contexte valable et vous écrire de tout mon saoul les cochonneries que vous dites craindre, dans ce que je tente de faire passer pour le langage fleuri du XVIII ème siècle…
Joseph, tremblez !
[1] En préface à ses Pourparlers. (?)
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Oui alors bon d’accord tout cela est bien joli, mais tout de même, ce que je voudrais surtout savoir c’est si tu baises.
*Ah ah ah !!!
Pour sûr !*
(Et avec style qui plus est)
(J’ai même dépassé la majorité sexuelle depuis quelques temps…)
(J’ai la loi pour moi.)
Me voilà donc rassuré.
Je veux bien être débonnaire au point de vous laisser faire ça sur mon blog, mais bon, c’est vraiment pour aider…
J’amène les draps.