Coupons l’arbre post-mortem de Philémon et Baucis.
A
arute, n. f. – Sieste crapuleuse du dimanche après-midi.
D
darnitefouir, v. – Savoir qu’on aura une fête surprise pour son anniversaire.
J
juterniendre, v. – Ne pas savoir quoi écrire sur la carte.
K
kimède, n. m. – Col de pull trop étroit pour passer la tête.
W
wurtion, n. m. – Grand et beau projet qu’on fait avec quelqu’un, tout en sachant pertinemment qu’on ne le réalisera jamais.
Jacques Martin, maintenant tu sors de mon corps.
J’aime pas me tromper.
Alors que je claironne partout que je n’aime pas les enfants, avec des arguments tout prêts pour convaincre, j’ai reçu aujourd’hui une petite enveloppe… Baroquement pliée, avec du scotch pour trois bâtiments d’une quelconque administration, mes noms, prénoms et adresse tracés avec l’assurance du quatrième mois de CP et au verso, un bisou au rouge-à-lèvres nimbé d’une guirlande de fleurs (?) multicolores.
Bon, c’est déjà beaucoup quand-même… Je l’ouvre.
Un dessin, sur du papier à gros grains.
Je vois un genre de type avec un bonnet rouge qui tient la main d’une petite pomme de terre. Merde. C’est quand-même gentil.
Alors puisque je suis une espèce d’adulte, j’appelle “pour dire merci” comme on me l’a répété.
- “Bonsoir. C’est Aude. Merci pour ton père Noël. Il est intéressant.”
Oui, j’ai préféré omettre la question de la pomme de terre, comme un sujet épineux à risques. En plus, comme je le dit à mes amis qui ont des enfants et qui me disent toujours que “c’est facile de donner des leçons quand on n’en a pas”, je ne trouve pas qu’il soit bien nécessaire de faire croire cette histoire aux enfants…
En substance :
_ “Mais ce c’est pas le père Noël, c’est toi ! Tu n’as pas vu les grands cheveux en tire-bouchon ? – C’est ce que prenais pour un bonnet – Tu es habillée comme le père Noël parce qu’il est gentil et toi aussi tu es gentille et encore plus belle que ma nouvelle Fashion Fever. Je te donne la main parce que tu es ma copine préférée, plus encore que Jacynthe – ou peut-être Hortense, je ne sais plus -.”
Wahou, hein ?!
Et BING, dans ma race comme “on” dit…
Mille fois bigre, je déteste me tromper.
Et en prime, je prends une bonne leçon de subtilité avec tout ce que tu es d’implicite…
Alors merci Cécile, t’es chouette.
Et tu transpireras du praliné noisette.
Plus de chocolat que de raison.
Moi, j’en suis déjà à cinq boîtes ; deux Lindt, une Côte d’Or, une Léonidas et une boîte d’un petit artisan du VI ème arrondissement. Je n’en ai pas encore touché une.
Et si je les donnais à la pharmacienne qui est gentille de me faire parfois crédit ? Pour sûr que ça assurerait la prospérité de notre relation aux fondements opportunistes…
Et vous, combien en avez vous reçu ?
Les personnages de roman ou comment me laminer entre une dinde et une bûche.
Je ne digère pas trop bien le boudin blanc aux pommes. Surtout lorqu’on m’attaque en même temps…
Quelle étrange névrose qui est la mienne : les quelques héros et héroïnes que j’ai chéri pendant la lecture de leurs histoires, à plusieurs reprises pour certaines, m’habitent depuis. Ils m’ont séduit un jour et je ne sais plus me défaire d’eux.
Jules Barbey D’Aurevilly, un écrivain français du XIX ème siècle, fut l’entremetteur, le temps d’une courte nouvelle, de l’amour qui me consuma alors et me consume encore aujourd’hui pour son héroïne, Hauteclaire Stassin. Quelle femme n’est-elle pas avec sa taille haute, sa maîtrise parfaite de l’art masculin de l’escrime, son profil et son port altier si subtilement rendus dans la langue austère de ce siècle, ses états et qualités d’âme, sa détermination et son habileté redoutables pour parvenir à ses fins – diaboliques – , tout cela et encore bien d’autres choses me fait me pâmer littéralement pour elle.
Noire, souple, (…), aussi royale d’attitude, – dans son espèce, d’une beauté égale, et d’un charme encore plus inquiétant…
Comme Baudelaire à la rencontre de sa Passante dans Les Tableaux Parisiens, je reste moi-aussi crispé comme un extravagant ; comme paralysée devant telle figure.
Agile et noble, avec sa jambe de statue, infiniment mystérieuse, passant et repassant sans cesse dans le premier vers du sonnet, la Passante, familière inconnue, intruse espérée, à qui je ne m’attendais pas et qui aura achevé de me perdre.
Lorsque je m’éprends d’un personnage de roman, mon orgueil exige d’abord d’en devenir l’ombre et le semblable, sans qu’il ne soit possible d’engager la moindre résistance à cette lubie. Une fois déçue de constater avec amertume une fois encore que c’est pure impossibilité, sonne le départ de la recherche effrénée tournée cette fois vers les Autres.
C’est bien ici que le bas blesse, car il n’y a pas parmi mes semblables une seule personne qui soit à même de revêtir un costume de personnage fictif, même plus, qui en manifeste le moindre désir.
Je m’y laisse prendre pourtant parfois puisque je suis finalement plus impressionnable que je ne le voudrais, mais je me rends à l’évidence de ma crédulité dans des délais de plus en plus courts et je retombe de l’armoire sur le sol dur et glacé de la réalité [1].
C’est digne d’un drame shakespearien à chaque fois, à la fin duquel je tue à grands cris le personnage puis m’en vais mourir en coulisses.
Le monde suggéré, laborieusement élevé à la force de mon esprit malade, disparaît dans le même temps que le personnage que nourrissait mon imagination, alors que je me trouve face à l’incompréhension incrédule de celui dont j’avais redessiné les contours dont je ne sais finalement rien, ainsi qu’avec le vieux sentiment de profonde désillusion avec lequel je prends le thé et bouffe des gâteaux secs régulièrement depuis des lustres.
Je rêve d’être un personnage de roman moi aussi, beau et terrible, subtil et téméraire, mystérieux donc intriguant. Singulier.
Alors je tente de cultiver le mystère, je pose, je m’immobilise, comme pour donner l’occasion que je rêve de voir me faire offrir, de contempler en vrai un personnage auquel j’aime à croire.
Que personne ne s’étonne, je préfère caresser l’espoir d’une caresse plutôt que caresser…
Alors on me blâme parce que je contemple… La belle affaire.
Depuis quand l’imagination et la contemplation sont-elles proscrites, accompagnées de regards navrés et censeurs ?! Je pourrais ruer si seulement j’avais des brancards !
Cette école du bon sens décidément immuable – je suis très tentée d’employer “indécrottable” – dans son aveuglement, la productivité en bannière, devrait en passant devant sa bibliothèque lire ou relire – ce qui serait pire encore – ce qu’écrivit Charles Baudelaire à propos de l’imagination reine des facultés, ou encore ce brillant petit essai sur l’art d’Oscar Wilde, Le déclin du mensonge.
[1] Roh ! Très belle bête de cliché littéraire…
Je recommande la lecture absolument pas rébarbative – en plus, c’est vrai – du Dictionnaire des Clichés Littéraires à ceux qui voudraient en savoir plus sur ce qu’ils lisent. C’est un livre de Hervé Laroche, édité chez Seuil.
Elle est belle ma question. Elle est fraîche ma question.
De vous à moi.
D’après ce qu’il m’a été donné de comprendre en lisant d’autres blogs, cette histoire des questionnaires est prise très au sérieux.
Une sorte de règlement implicite semble être en place, qui sanctionne avec plus ou moins de largesse les flux questionnairesques ou questionnRSS, je ne sais pas comment “on” dit. En substance, pour répondre publiquement à un questionnaire il est exigé qu’un autre blogueur vous le passe ; c’est ce que l’on désigne sous l’appellation générique du “relais”, – jargon de spécialistes, extrêmement technique – que vous passerez à votre tour à quelqu’un d’autre, et ainsi de suite et ça y est, les cochons volent.
Mais je suis une sotte. Vous connaissez probablement déjà tout cela, il n’y a que moi qui suis ignare en la matière.
Donc, vous l’aurez compris, être sollicité pour répondre à un questionnaire n’est pas chose aisée. D’ailleurs, je subodore une formidable nouvelle pathologie psychiatrique émergente, propre aux blogueurs en mal de réseau d’autres blogueurs et soucieux de leur popularité – pas de faux-semblants ici, du moins pas maintenant -. J’ai nommé la questionnîte, la quête obsessionnelle et frénétique de questionnaires…
Or, comme je me lave les mains de toutes les règles qui me font une belle jambe – à part celles du français, B & J B1 m’en gardent – et que je n’ai pas encore été atteinte par cette odieuse et sournoise maladie, je me vaccine en rédigeant ce questionnaire pour vous. Si pour ma part, il me semble que je dis suffisamment qui je suis ici, je ne sais en revanche qui vous êtes, vous. Et, cela m’intéresse…
C’est déjà le début du week-end – le vendredi n’est-il pas un jour un peu bizarre ?! – et des vacances pour d’aucuns, alors si par grant’ hasard l’envie venait vous prendre de vous poser des questions sur vous-même, de faire en somme – ou un somme – une sorte d’auto-critique, sans trop vous égratigner et surtout sans que vous ne sachiez par quel bout commencer… Eh bien, comme les Nuls l’ont déjà dit, mais juste après la SNCF : C’est possible !
Deux questionnaires, trois possibilités :
- Vous faites les deux.
- Vous n’en faites qu’un.
- Vous vous en foutez comme de vos premières chaussettes, ou plus spectaculairement, vous vous en battez l’oeil. – Si un seul d’entre vous me le demande, je vous préviens, j’expliquerai l’origine de cette expression populaire. -
Ce que j’aimerais savoir de vous si nous étions à une mondanité.
- Comment aimeriez-vous mourir ?
- Quelle est la question que vous avez toujours rêvé qu’on vous pose mais dont personne ne s’est soucié ?
Répondez-vous, je vous en prie. - Qui sont vos auteurs détestés ?
- Êtes-vous sensible à l’écologie ?
- Racontez-moi votre premier souvenir.
- Croyez-vous que l’oeuvre de cet artiste soit autobiographique ?
- Prenez-vous des drogues ?
- Avez-vous un blog ?
- Où pensez-vous que se situent les limites de l’art, si limites il y a ?
- Comment trouvez-vous ces canapés d’artichaut à l’émietté de crabe ?
Ce que j’aimerais savoir de vous si nous n’étions que deux.
- Vous prendrez le livre le plus proche de vous et compterez les mots. Lorsque vous en aurez assez, arrêtez-vous. Combien de mots avez-vous compté ?
- Quel est l’objet ordinaire qui vous évoque le plus un caractère sexuel ?
- Vous mettrez un chronomètre à zéro, ferez démarrer le comptage. Sans compter, vous évaluerez une minute. Durant ce laps de temps, vous pourrez jouer de la musique, danser, lire, vous balancer sur votre siège ou réfléchir aux enjeux de cette troisième question. Au terme de votre évaluation, stoppez le chronomètre. Quelle est la durée de votre minute ?
- Préférez-vous le vin rouge ou le rosé ?
- Avez-vous déjà sérieusement prétendu avoir vu des extra-terrestres ?
- Léchez-vous les couvercles des pots de yaourts après leur ouverture ?
- Pour combien d’argent seriez-vous prêt à rouler un gros patin à cette personne ?
- Préféreriez-vous manger sans couteau ou plutôt sans fourchette, si l’un des deux devait disparaître à tout jamais ?
- Ce que vous voudriez vraiment savoir à propos de vous ?
- Ce que vous voudriez vraiment savoir à propos de moi ?
- Vous arrive-t-il parfois de remettre vos chaussettes sales ?
N. B. : Pour m’adresser en particulier à quelqu’un qui se reconnaîtra et à d’autres qui se sentiraient visés, les fautes d’orthographe sont acceptées alors pas de complexes.
1 Bled et Bescherelle.
Prière de ne pas s’asseoir. Peinture fraîche.
Avec Pup en 40, on aurait sûrement résisté. Mais aujourd’hui, on collabore.
Du fond et de la forme.
Comme le reconnaîtrait bien volontiers tout un chacun, j’affectionne tout particulièrement les commencements, introductions, préfaces, préambules et préliminaires de tous genres et précédemment à toute chose. C’est un fait.
Une fois n’est pas coutume, je m’abstiendrais nonobstant d’éparpiller ma prose à tire-larigot – mais seulement pour ce coup-ci – et vous laisse seuls sans note préalable regarder et lire ce calligramme.
Athéniens, athéniennes.
A
athipor, n. m. – Bouton ou braguette de pantalon qui s’ouvre tout le temps.
G
guehum, n. m. – Trajet en voiture sans musique, juste après une dispute.
O
o’maarde, n. f. – 1. Miroir du dimanche matin. 2. Se dit d’une personne critique, peu flatteuse, explicitement hostile.
R
rême, n. f. – Photographie que nous déchirâmes sous l’emprise de la colère, mais que nous re-scotchâmes ensuite.
A
audasse, ce, n. m. – Surnom ridicule donné le temps d’une soirée, mais qui reste.
Aufklärung mon cul.
Les Boules.
Paris tout enguirlandé me fait le même effet que Catherine Deneuve toute chirurgiée. Je préfère sans.
Les Chaises viennent de perdre les eaux. Avant l’accouchement, je tisse l’osier de l’assise.
F
fiuh, v. – Ne pas pouvoir résister au moindre parquet vitrifié ou autre sol propice à la glisse-chaussettale.
fiuharde, n. f. – Figure périlleuse, relative à la discipline de la glisse-chaussettale.
G
groipirfus-myocarduk, n. f. – Crise cardiaque matinale quotidienne, lorsque le pain surgit aussi bruyamment que soudainement du grille-pain.
H
hanputun, n. m. – Bouchon qui s’enfonce dans la bouteille de vin.
I
ijtolpe, n. f. – Idée qu’on aurait mieux fait de noter.
Cherchez l’erreur.
Mais-où-est-donc-Toto ?
Exactement pour vous : Il y a dans le billet précédent un fort beau spécimen de tautologie (une) , que je vous laisse apprécier lorsque vous l’aurez trouvé.
Cela seulement si vous ne gardez pas encore vieux un reste de sourire d’alors, lorsque que vous vous disiez : “Yek, yek, yek ! Elle fait la leçon, des chichis et du tralala lorsqu’elle écrit, mais elle nous colle des pléonasmes ou des tautologies en veux-tu, en voilà !”… – Ne niez pas, je vous ai vu ! -
Un indice quand-même : un seul mot changé et c’était le contre-sens.
Mon auriculaire me dit que ce billet va faire un flop magistral…
