Ante ovo

Publié par Aude le 22 novembre 2006

Les commencements sont fascinants.

Par commencements j’entends les “avant-débuts”, les signes avant-coureurs. Comme l’attention toute particulière que l’on s’accorde à la préparation d’un rendez-vous attendu, le silence presque religieux qui précède l’aveu d’un secret, le brouillard des prémisses d’une hypothétique histoire, le mouvement fébrile de retournement systématique de chacune des lettres que l’on reçoit pour la lecture du nom de l’expéditeur dans l’attente d’une toute spéciale, la flexion du coude qui conduit la tasse de café chaud jusqu’aux lèvres et l’inutile – mais néanmoins inhérent – souffle imperceptible sur la surface mousseuse pour l’illusion de se préserver d’une brûlure, la rumeur des pas de quelqu’un que l’on attend, la préface d’un livre que l’on aimera forcément, les caresses toutes vêtues de timidité alors qu’on est encore habillé, et encore bien d’autres choses.

C’est l’idée que je porte aux nues, la genèse, la promesse germinale de ce qui peut être prometteur, la projection dont on se garde mais à laquelle on cède, l’irrépressible extrapolation irrépréhensible. L’entrevue avec le possible, l’horizon du mieux, la construction hypothétique, par là l’infaillibilité du plan et la foi à toute épreuve, enfin.

Avant l’oeuf.

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